Non seulement l’objectif de terminer la mythique épreuve d’endurance lors de la première tentative est réussi, mais la Ligier #17 IDEC SPORT passe sous le drapeau à damier en 13ème position entre les mains d’un Patrice Lafargue très ému. Retour sur une fin de course émotionnellement remplie.

La tension était palpable dans le stand n°9 à quelques minutes de la fin des 85èmes 24H du Mans. Lors du dernier arrêt de Patrice Lafargue, Paul avait mis son casque et était prêt à sauter dans la voiture, juste au cas où, alors qu’il ne restait qu’une dizaine de minutes à tenir. C’est dire combien IDEC SPORT ne voulait pas commettre d’impaire et arriver au bout de ces 24 heures de course. Après tout, le sport automobile n’a pas de loi. On se remémore encore l’abandon de Toyota dans le dernier tour des 24H 2016 alors qu’ils avaient dominé l’épreuve.

Par superstition, tout le monde attend l’ultime boucle pour se ruer sur le muret des stands et applaudir la Porsche LMP1 #2 qui remporte l’épreuve mais surtout la 13ème place décrochée par toute l’équipe. Le but annoncé était de terminer l’épreuve, ce qui est déjà un challenge en soit. Mais on sait le trio de pilotes IDEC SPORT très compétiteur et le classement finale est une récompense.

Pour décrocher ce résultat, la #17 a bouclé 344 tours du tracé manceau après s’être élancée en 29ème position, soit plus de 46880 kilomètres. Les mécaniciens et les ingénieurs ont également leur part de réussite là dedans puisqu’ils se sont appliqués lors de chacun des 38 passages aux stands et ont su gérer les problèmes comme ils ont su en prévenir d’autres grâce à leur travail méticuleux.

Cette treizième position ne laisse pas insensible Patrice Lafargue qui rappelle que l’écurie est une entreprise familiale et que dès le lundi, lui et Paul retournent à leur métier. On peut cependant parier que ce lundi sera un peu plus spécial que les autres. « Ce qui m’épate, c’est le peu de soucis que nous avons eu. Je crois que ça n’était jamais arrivé. Et là, la voiture a été impeccable, sur les 24H du Mans en plus… Et tout cela face à un plateau très relevé » relève Patrice, qui ne manquera pas d’aller gentiment chambrer le duo Nicolet pour se mettre de bonne humeur pour la semaine. « Je me suis bagarré avec la voiture de Barrichello, heureusement qu’il a des coéquipiers moins rapides. C’est vraiment pour le fun qu’on lutte contre des gars comme ça, ils n’ont rien à prouver. C’est juste un souvenir qu’il va nous rester. Mais c’est ça qui est magique dans les courses d’endurance, tout peut arriver. On l’a vu avec les P1 d’ailleurs. Cette course c’est un peu la loterie. Après, accepter d’aller un peu moins ça entretient la voiture. On est restés sur la piste et on ne s’est pas rajouté de difficultés. C’est quelque chose que l’on domine bien car on fait beaucoup de courses d’endurance. On a l’habitude de prendre soin de la voiture, » explique le patron pilote, encore émerveillé par son tour de décélération. « C’est une chance d’avoir fait l’arrivée. C’est un moment particulier. C’est beau, le public applaudit et les commissaires sont massés le long de la piste alors qu’elle fait 13kilomètres. Ils arrivent à faire des passages obligés pour passer au milieu d’eux. Ce sont de vrais passionnés. J’ai adoré. «

David Zollinger est sur un nuage après une telle course: « Ça y est, c’est fait. 2010 est oublié. Maintenant je peux dire que j’ai vraiment fait le Mans. C’est dingue. L’équipe a fait du super boulot, Patrice et Paul aussi. On n’a pas fait d’erreur. Tout s’est aligné, on a eu un bon karma. Tout ce qui ne fonctionnait pas jusque là s’est mis à fonctionner donc je suis comblé, » savoure le pilote qui a profité de chaque relai. « Je remercie une nouvelle fois Patrice de m’avoir offert l’opportunité de vivre cette expérience avec eux, avec une équipe professionnelle. C’est juste incroyable. On va bien fêter ça ce soir. Ça parait anodin mais finir 13ème pour notre équipe c’est génial. Il y a quand même 60 voitures au départ et à la fin il n’y en a que 12 devant nous. »

Depuis le passage de ligne de la #17, Paul Lafargue n’arrive pas à effacer un grand sourire de son visage. Et il y a de quoi être heureux pour le rookie. « C’est un sacré résultat! Merci aux mécanos car sans eux on ne serait pas là. C’est fort. On va savourer cette treizième position comme il se doit car on a eu beaucoup d’émotions durant la course. J’ai vécu le stress au départ, l’impatience à l’arrivée, et entre les deux je ne sais pas comment le dire mais j’étais dans ma bulle, hors du temps. Maintenant on va vraiment profiter car dans 15 jours on a les 12 heures du Mugello et ensuite il faudra terminer la saison d’ELMS comme il faut.»

À n’en pas douter que les pilotes et toute l’équipe IDEC SPORT ne vont pas se reposer tout de suite malgré la fatigue engrangée depuis une semaine.

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